Aparte
Dialogues Français
FONA
Prince Claus
Universidad de la República
À PART
A Karin Jezierski
Le son sort par derrière.
Là !
C'est mieux de l'autre côté.
Mais ne l'emmène pas là-bas de l'autre côté.
Non, ne le mets pas
comme ça chéri, ça va tomber.
Les deux, les deux vers l'extérieur.
Mais que ça ne dépasse pas le toit, mon chéri!
Là ça vous plaît?
Mets-le un peu plus à l'intérieur.
En dedans, en dedans
Je le mets ici.
Ça n'arrive pas.
Descends, descends, Pepe.
Mets-le plus par là, Pepe.
Mais! Vous me rendez fou.
Ça doit arriver là, c'est bon?
Encore un peu Pepe.
Prends le câble qui vient de derrière.
Taré, tu ne vois pas que ça n'arrive toujours pas?
C'est le raccord.
Il est peut être coupé?
Andrés, tu ne vas pas faire chier aujourd'hui.
Et tu descends,
tu descends, tu descends,
tu avances et tu recules, tu avances et tu recules.
Elle vole, elle casse tout.
Encore!
Dans la jungle il n'y a
ni déodorant, ni savonnette,
et en dansant et en sautant, une odeur abonde...
la fille qui s'agite
et la nuit qui est chaude
et l'odeur épouvante, oh!
que c'est moche, ton string pue!
MÈRE CÉLIBATAIRE
...tous les enfants du monde méritons notre place...
chantons, tous les enfants
du monde méritons notre place...
Elle a sommeil. T'as vu?
ELLE N'A PAS LA GARDE DE SA FILLE,
QUI HABITE CHEZ SA GRAND-MÈRE
La petite était mignonne.
Eh toi! Aidez-moi un peu!
Mets-y du tien!
Fais-voir, regarde-moi.
C'est dégueulasse!
À cette heure-ci
tout est déjà fouillé.
Non! Nous ne pouvons pas monter dans le bus.
Oui, regarde, ça va là, comme-ça.
"10.000 dollars aux chiffres les plus rapprochés. 0900...
Fais que tes rêves
deviennent réalité..."
"Seule, elle dansait toujours seule."
L'orang-outan assis sur une branche
mangeait sa banane
sa femelle passe
et lui pique sa banane.
L'orang-outan et l'orang-outane.
L'orang-outan et l'orang-outane...
Bientôt la file de bagnoles
va s'arrêter et que fait la petite?
Elle danse, elle danse la petite.
Là tu vas connaître des gens importants.
Je connais Alonso
depuis qu'il est petit.
Maintenant c'est un monsieur,
mais à l'époque il n'était personne.
Il était en 7ème ou en 6ème.
Et le gamin pleurait à chaque fois
qu'il devait sortir.
On arrivait à la maison de passe
et il se planquait.
"Mais madame,
je ne peux pas, j'ai honte".
Aujourd'hui nous sommes amis mais
alors il avait honte de se déshabiller.
Là-bas il y a un petit gros qui est...
Il a huit ans mais il est infernal.
Il va avec ses cousins mais
il fait la manche pour lui seul.
Il est terrible le gamin.
Bouge-toi, nous avons des courses à faire.
J'ai une de ces soifs!
Celui-ci est lourd. Je te le donnerai
quand tu seras en huitième.
Tu devras être en 8ème,
connaître les chiffres et les lettres.
Tu vas aimer lire toi?
Vas te changer.
Dis à Neno d'y aller.
Je ne sais pas où est passé Neno.
Il n'est pas dehors.
VISITE À SON FRÈRE AÎNÉ EN PRISON.
Je vais mourir.
Je vais me tuer parce que
personne ne m'aime.
Ce ne serait pas mal de se jeter
d'un balcon comme ça.
Dix heures pour rouler un triste joint.
Je n'ai pas mon endroit, je dors
dans un bois... Mais c'est ma fille.
Il ne peut pas me dire
que je n'aille pas la voir.
Ah! Cette langue, chéri!
Cette bagnole est des années '80.
Lorena, tu me filmes en topless?
Enlève en dansant ton T-shirt,
enlève en dansant ton pantalon.
Celui-ci c'est pour allaiter ma fille
et cet autre aussi.
Les deux.
De celui-ci elle tétait davantage,
de cet autre moins.
Davantage de celui-ci,
de cet autre moins.
C'est pour ça que j'ai
un plus petit que l'autre.
Elle tète des deux.
Elle tète des deux.
Troisième.
Quatrième.
Cinquième.
Qu'il arrive, j'ai envie de fumer.
On part!
MILKA RÉCUPÈRE SA FILLE.
L'HYMNE NATIONAL.
Uruguayens, la Patrie ou la mort
C'est le vu qui vient de l´âme
Et nous l'accomplirons.
Nous l'accomplirons.
Maintenant les groupes uruguayens,
...et le gagnant de "Big Brother".
Quel beau cu-cu, j'aime ton cu-cu.
Je suis pour elle une cannette de bière.
Elle m'embrasse, je perds le contrôle,
je ne suis que part de sa collection.
Que c'est chouette!
Et maintenant tous ensemble,
Paquita!
Allons Paquita!
Ça c'est le groupe "Auténtika",
celui qui casse tout.
Jusqu'à trois joints
tu n'es que consommateur.
Avec plus de ça tu deviens un dealer
et là tu peux te farcir jusqu'à six mois.
J'ai fait un stage à la boulangerie.
"Ah, tu veux apprendre mon pote?"
Tu dois prendre comme-ça, tu dois faire comme-ça.
Avec ce doigt là, le croissant
c'est ce doigt là, tu savais?
Ces deux doigts travaillent,
tu comprends?
Celui-ci fait la pointe
et avec cet autre tu roules.
On va se faire un petit match maintenant.
Le Classique du Río de la Plata.
Les glaçons,
où est le mec des glaçons?
Le Tony arrive sur la pelouse, Antonio!
Arrête Tony!
Le ballon, le ballon, où est le ballon?
Il manque l'essentiel, le ballon.
Quand j'étais en tôle le flic m'a dit "Tu vas en prendre pour cinq ans."
Et je lui ai dit, "Oui, cinq ans
de baiser ta femme".
Il rentra dans la cellule
et m'a fendu le crâne,
il m'a presque rendu bec de lièvre.
Si jamais tu flanches, tu sais quoi?!
Après deux mecs sont venus; là j'ai pris un couteau et je me suis coupé.
Tu t'es coupé toi-même?
Et pourquoi? Ta famille n'est pas là,
tu es en tôle avec des inconnus.
Tu es avec cinq autres mecs, tu sais
à quoi tu dois faire le plus attention?
À ton dos
À ton cul, pas ton dos! C'est ton cul
que tu dois défendre parce que ...
Je parle vraiment pour rien...
Les premiers jours en tôle,
je n'étais pas grande chose...
Pas de ballon?
Mais après tu t'endurcis.
Ils ne t'enferment plus les 24 heures,
tu sors dans la cour, avec les autres.
Avant, quand je fauchais,
j'avais une veste chère et tout le reste,
mais après la cocaïne m'a démoli
et j'ai tout vendu.
Maintenant je suis ruiné.
Pas ruiné parce que, grâce à Dieu, j'ai quelque chose à me mettre sur le dos.
Je suis pauvre comme tout le reste, si ça ne leur plaît pas tant pis.
Je n'en ai rien à branler de ses Reebock.
Tant mieux pour lui. Lui a des Nike.
C'est bon, tu as fait des sacrifices.
Non! Pas tout chaud.
Où est le gobelet que nous avions?
Tu sais? Certains du quartier me disaient
"Ne t'affiches pas avec moi,
tu es tout crade".
Je vais marquer 15,16 buts.
Tu n'as pas à être impec, tant que tu es propre et que tu ne pues pas
du cul, des burnes ou des ailes. Le restant c'est de la tarte.
Prends-la lui là, tu peux!
Laisse-là.
Shoote!
But.
Les glaçons?
Je suis dur comme Van Damme,
regarde-moi.
Tout comme toi,
je bouffe du riz tous les jours.
Les grands chapeaux s'amènent,
play-off pour Plátano Macho.
Dehors! Suceurs, enculés.
Je vous mord, je vous mâche,
je vous fous dans le trou.
C'est extra ça!
Ça c'est la culture uruguayenne,
couillon!
L'HIVER SUIVANT LES ARBRES ONT ÉTÉ COUPÉS POUR EN FAIRE DU BOIS.
SQUATTAGE DE TERRAINS MUNICIPAUX.
NOUS VOULONS UN LOGEMENT DÉCENT.
ET VOUS, MONSIEUR LE MINISTRE?
Qu'est-ce que vous allez mettre,
une bâche, une tente?
Une petite tente.
Il touche tous les quinze jours. D'ici là, il réunira de quoi manger.
Oui, nous mettrons tout ici.
Il y a de quoi manger?
Et... nous on boit du mate parce qu'on n'a rien...
Ou faire un feu
et faire cuire sur le feu.
Aujourd'hui la police
a mis l'endroit sous surveillance.
Il n'y a pas eu de violence. Les squatters ont maintenu leur position.
Des tambours, du mate, du pinard
...jusqu'à quatre heures.
Et ceux de la télé demandaient:
"Que mangent les bébés?"
C'est vrai. Hier nous avons bu du mate, que du mate.
Nous n'avons eu que du mate
de la journée.
...qu'ils ne voulaient pas tirer sur lui et je ne sais quoi d'autre.
Nous devons commencer
à construire tout de suite.
Il paraît que si non, ils te chassent.
Ça va prendre du temps
et on en a peu.
Oui, une fois qu'on égalise bien, tu vois ce que ça peut donner?
Nous devons acheter un camion de décombres, deux cents tunes.
Au pire on en aura pour 800 pesos, c'est tout, hein?
Ce sac, on le brûle
Non, pas le sac.
Arrête Totito.
Ils ne peuvent pas être là
à attendre que leur mère crève
pour garder la maison.
Et si maman ne meurt plus?
ils se trouvent à la rue.
N'est-ce pas Neno?
QUELQUE TEMPS PLUS TARD LES FORCES
DE L'ORDRE EXPULSE LES SQUATTERS.
J'aime bien
parce que Handler aime tout.
Il ne me répond pas mais je sais que c'est parce qu'il travaille.
Il s'intéresse à chacun des sujets, pas vrai?
Et, sans dire un mot, il saisit.
Pourquoi tu crois?
Tu penses qu'il cache autre chose
derrière la caméra?
Regarde-moi ça! Tu vas voir
ta grand-mère et tu pisses sur toi.
(TOURNÉ PAR UN DES COPAINS DE CARINA)
Non!
Mamy! Mamy!
Mon frère doit aller vraiment mal pour qu'il dise que je n'y aille pas.
LE FRÈRE AÎNÉ EST EN PRISON
ET MALADE DU SIDA.
Connard!
Fais-voir, mets-toi debout.
Debout, de dos.
Relève ton jean.
Regarde-moi, face à la caméra.
Lève-toi maintenant
Mais si, c'est bon.
Fais voir.
De dos.
Non Fabián!
Tu uses la batterie pour rien.
"PUTAIN DE VIE"
C'est affreux!
C'est pour ça que je reste en Uruguay.
Oui, hein?
Pas d'Italie, d'Espagne ou de Belgique.
Non, l'Uruguay.
Tout ça je l'ai moi-même vécu en Uruguay avec Edgardo.
Quand les flics me lâchaient,
je devais faire deux fois plus de fric...
...pour ne pas avoir à dire que j'avais été en tôle, sinon il me battait.
Qu'est-ce que j'avais bien pu raconter aux flics pour qu'ils me laissent?
Il disait que j'étais
une négresse cafteuse de merde.
Jamais, ma priorité
étaient mes enfants.
LA POLICE A BATTU NENO. IL ESSAIE
DE SE FAIRE SOIGNER SES BLESSURES.
PAS DE SOINS LES JEUDIS.
PRIÈRE DE NE PAS FRAPPER.
NENO N'A JAMAIS RÉUSSI
À SE FAIRE SOIGNER.
PREMIER ANNIVERSAIRE DE LA FILLE DE MILKA.
Tiens, tu veux du Coca, petite?
Viens boire du Coca
Du Coca! Que c'est bon!
On va allumer la bougie
Coca! Coca!
Bon anniversaire.
Youppie!
MICA, JE T'AIME.
ILS DÉMÉNAGENT...
Mets-y du tien!
Nous sommes les stars.
Ça c'est chez moi
Ça c'est chez nous. Ici.
On t'appelle, toi.
Hein?
Hein?
Allons, allons!
C'est bon?
C'est super, plonge Neno.
On se casse d'ici.
Quand nous avons tué une poule,
je ne l'oublierai jamais.
C'est ce qui m'est arrivé
de mieux dans la vie.
Ces pédés du Club Nacional
sont allés cafeter à la police...
Toi! Ne fumes pas ici.
Ne fumes pas ici parce que tu rends la petite malade.
Eh! Toi, qu'est-ce que tu fais?
Vas fumer dehors.
On y va?
Tu ne peux pas fumer ici.
Ferme-la, toi.
Et pour qui tu te prends, toi?
Tu fais l'intelligent, tu es toqué.
Et il rigole...
Quoi?
Tu es fou à lier et tu rigoles.
Lâche-moi, pédé.
Si je me fâche je te démolis, conard.
Tu fais la maligne?
Lâche-moi ou je te tape pour de bon.
Lâche-moi! Lâche-moi!
Lâche-moi ou je te démolis.
Fous-moi le camp, toi, pédé.
Pédé, ne reviens plus.
Ne reviens plus jamais ici.
...comme un hurlement interminable,
interminable
Ah! Quelle est belle la petite Mica.
Il y a quelque chose là?
Fais-voir. Oui.
Regarde comme c'est beau.
Moi je le prends.
Si ce n'est pas sale, je le prends.
Fais-voir ce que ça donne?
Un monstre!
Tu crois qu'il est vivant?
CENTRE DE DÉTENTION POUR JEUNES
Et on recommence.
Tu as vu comment font
ceux de "Big Brother"?
Ils ont toujours tout dans une valise
à chaque fois qu'on fait l'appel.
À l'aise?
Allez mon pote, allez.
Ils ont dit qu'en présentant
un écrit tu étais dehors.
Mais... ils doivent attendre
que ton dossier arrive du Tribunal.
Si le dossier n'arrive pas,
il ne comparaît pas.
On ne t'a pas déjà dit
que ces oranges ne se mangent pas?
Tu manges ce que
tu ramasses par terre, cochon?
Je vais plutôt te donner des coups sur la bouche.
Tu auras de quoi sucer des oranges comme-ça.
Sale nègre!
Il y a des lave-linge?
Ils les utilisent?
Les vêtements peuvent contaminer.
Tu attrapes la syphilis et la gale
par les vêtements.
C'est la famille, non?
Bon, celle-ci avec cette autre
et celle-là...
Je passe.
Je passe.
Je passe.
Je passe.
Je tue.
Une seule.
Avec cette autre.
La dernière.
Prends-en une.
Je passe.
Je tue.
Je tue.
À toi.
Je repars en liberté,
après trois ans et deux mois.
Au deuxième congé je crois
que je repars en liberté...
Combien de coups de surin tu lui a mis au mec?
Dix-sept.
Dix-sept parce que je l'ai traversé.
Avec traîtrise, non?
Tu étais vraiment parti.
Il m'ont donné autant d'années
parce que je l'ai enterré
et j'ai conduit les flics là où il était.
Ils m'ont foutu des années comme des malades.
Mais une fois dehors
je me trouve un boulot, illico.
Je l'ai tué parce qu'il me taxait tous les jours.
S'il me voyait avec
quelques tunes il me les prenait.
J'ai pas eu l'choix, j'ai dû l'zigouiller.
À qui de payer, à moi?
Celle-ci.
Et celle-là.
À toi.
Je passe.
Je passe.
Je passe.
Je tue.
Je me défais de celle-ci.
Je passe.
Je tue.
C'est bon.
Moi? Vol à main armée,
lésions et coups de feu.
J'allais juste voler
mais il y a eu des coups de feu...
Celle-là... avec celle-là.
Bonne!
Encore quatre.
Quatre, deux.
Tout de suite le quatre pour moi...
Il me traînait par les cheveux,
il m'enfonçait les côtes.
Je l'ai sentie passer
Ça m'a coupé le souffle
Il me tenait par le cou
et je lui enfonçais le bide;
il s'acharnait sur mon crâne.
Là, j'ai perdu la tête.
Il joue comme une brute.
Oui, mais il accuse mes coups.
Il me poussait sans me cogner.
S'il cogne tu lui en mets aussi
et il se calme.
Celle-là et cette autre.
Il se disputa avec ma famille et...
J'ai dû le tuer.
Il était brouillé
avec ma famille et voilà.
Encore une de déchirée...
Et là je ne peux que continuer à jouer.
Le gars que j'ai tué
est passé par ici,
et il faisait l'important
dans le quartier.
C'est comme ceux qui en sortant
de tôle jouent aux baroudeurs.
Il s'en a pris à ma famille
et j'ai dû le descendre.
Non, donne-moi s'en une autre.
Allez, une autre.
Une histoire de mon quartier.
On se retrouve sur la place
pour bavarder et jouer au foot.
On déconne toute la nuit
mais la police nous tient à l'il.
La police!? Tu veux dire la flicaille.
D'accord, mais c'est pour la maîtresse.
Moi j'ai carrément mis les poulets,
c'est rempli de flics.
La police incorruptible et il y a
pas mal de mouvement, voilà.
L'idée c'est de faire les choses pour une raison.
Ce n'est ni mon caprice ni celui
du coordinateur ou de la direction.
Il y a toujours une raison derrière.
À L'ÉGLISE EN QUÊTE DE NOURRITURE.
- Le Père José est là?
- Non, il n'est pas là.
"SALON DE MASSAGES"
Pour la Fête des Mères
Il me manque faire le bonnet
avec les couleurs du Club Peñarol.
Une pièce?
Une pièce?
Une pièce?
Une pièce?
Une pièce?
Celui-là! Très bien!
Elle ressemble à sa mère.
Non, pas celui-là, tu me déçois!
Voilà, celui-là!
Peñarol.
Non, celui-là c'est du caca.
Non bébé, ne regardez-pas.
Voilà mon amour, c'est fini.
C'est fini. Un bisou.
Allez! C'est bon!
Si on est rentrés on va bien ressortir!
Je ne vais pas me tuer,
je ne suis pas débile.
Je me suis coupé parce que j'étais démoli.
J'en ai pour 2 mois,
il faudra que je tienne.
J'espère avoir droit à mon congé.
Des nègres y'en a plein, Madame.
Vous êtes certaine?
Regardez-moi bien.
Je me suis fais une entaille en tôle,
et je ne m'en fais plus.
Je l'ai fait parce que j'étais cassé
quatre jours après mon anniversaire.
Mes potes du bidonville
ne vont pas me laisser tomber.
Et voilà la vaisselle, vous la voyez?
Vous voulez une entaille?
On se fait des entailles parce qu'on
a des problèmes à la maison,
et pas pour s'embellir.
A ceux qui ont leur mère
Je leurs dis qu'ils l'aiment
et ne la laissent pas seule.
Qu'ils l'accompagnent toujours.
On n'a qu'une mère.
Personne n'est comme une mère.
Je suis triste dans ma chambre
j'allume une cigarette, je pense à elle.
Je rougis, des larmes coulent de mes yeux
à cause de ma façon d'être.
J'en dis toujours des louanges;
je ne peux pas avoir été si ignorant.
Celle-ci était grande comme ça.
Elle a fermé et a diminué.
Tu sais ce que c'est d'être bouclé là?
Si tu es rentré tu vas ressortir.
C'est pas là que je suis né.
C'est une lettre de maman,
je ne sais pas la lire.
Je l'ai depuis un mois,
elle me demande d'être sage.
Montevideo, Uruguay, le 16 septembre.
Mon cher enfant Cristian...
Lis plus fort, je n'entends pas.
Excuse maman
de ne pas être allée te voir...
Pas très chouette de sa part.
Je ne me sens pas très bien. Sois bon
garçon, je t'aime énormément et...
Puis je ne comprends plus rien...
Je ne comprenais pas non plus.
L'écriture de ma mère, hein?
Elle a arraché une feuille d'un agenda.
En plus, "Montevideo, Uruguay"
Tu as toujours eu un lit,
de quoi manger. Arrête petit!
GRANDS-PARENTS DE CRISTIAN
Il faut être reconnaissant dans la vie.
On ne te fait pas de cadeau.
Je sais.
Vous ne le comprenez pas mais la vie est comme ça.
Vous vous trompez, vous croyez que
les gens sont obligés de vous donner.
Personne n'a à donner quoi que ce soit.
Il faut étudier, travailler,
et être décent.
Rien d'autre, très simple.
Je sais; je ne vais plus jamais voler.
Je suppose que tu auras assez de ça.
Plutôt.
Vous voulez jouer au foot?
Quand ça?
Là, à quatre heures. Ça fait un moment
qu'on dit qu'on va jouer au foot.
Mon plus petit est malade.
Ah! Celles qui ne sont pas enceintes sont malades.
On va passer par là.
Prends par ici, Handler.
Attention! Ce sont les ruines
de Machu Picchu.
Crie pour que le chien vienne.
Viens Handler.
Le chien est attaché.
C'est qui
celle qu'on appelle King Kong?
Aah! Quelle belle négresse, hein?
Elle est mignonne.
C'est moi qui l'appelle King Kong.
Parce qu'elle a les jambes tordues.
Alexandra et Vero
n'ont qu'à jouer contre nous.
Quelle bande de trouillardes!
Aucune ne veut jouer au foot.
Cinq avec les maillots
de l'entrepôt et cinq sans maillot.
Rosana arrive.
Dégage petit!
But!
L'anglais, ça s'apprend vite, pas vrai?
Je n'en sais rien, c'est une autre étape.
S'ils te demandent tu dis que tu te promènes.
Plutôt!
Ferme ta gueule et ne dis
surtout pas que tu vas rester.
Non! Sans ça
ils ne me laissent pas entrer.
Ils vont te dire "Non petit, viens là".
Ils t'enferment dans une chambre
et ils te renvoient par le vol suivant.
Vraiment?
Tu dois dire que tu vas
pour l'anniversaire de ta cousine.
Voilà ce que je sais.
-C'est ce que je vais dire
-Voilà ce que je sais
Que je viens pour l'anniversaire
de ma cousine. 15 jours et je rentre.
Ou 20 jours. Tu dois dire que
tu as un billet de retour pour le 26.
Le 26.
Et ne vas surtout pas enlever ton pull.
-Ne mets pas de manches courtes.
-Ah! À cause des entailles.
Exact. Si jamais ils voient les entailles, tu es foutu.
Tu as besoin de savoir parler.
Et abandonner ton argot.
Mais si je commence à travailler
avec mon oncle, du fric je vais en faire.
Arrête de penser à l'argent!
Ça veut dire quoi?
Que je travaille pour rien?
- Je te conseille...
- Tout le monde pense à l'argent.
Tu vas peut être me dire
que tu travaillerais pour rien?
Oublie cette attitude de prétendre ce
à quoi tu n'es pas en mesure d'accéder.
Ceux qui partent aux States
c'est pour travailler et faire du fric.
Regarde Heber,
pour que tu apprennes à lire. Tu vois?
Mais je sais lire
Voici ton nom : Caramelli, Heber...
Oui.
Quel siège tu occuperas?
Le hublot!
Mais quel siège?
Je verrai bien le numéro!
Là! Le 13
Viens, on t'accompagne jusque là.
Embrasse-moi.
Sois sage.
Au revoir!
RÉPÉTITION: ARACA LA CANA,
BAFO Y SUS MULATAS
But!
Que c'est mignon!
Où est-ce qu'on va?
Je n'en sais rien.
LE FRÈRE AÎNÉ DE CARINA ET DE NENO
MEURT DE SIDA EN PRISON.
...succomber â la tentation
Mais délivrez nous du mal.
- Tu as fait l'école?
- Oui.
- Et quelles autres études as-tu?
- Le lycée.
- Jusqu'à quelle année?
- J'ai refais trois fois la cinquième.
Tu te drogues à la marihuana?
- Je ne vole pas pour me droguer.
- Tu ne voles pas pour te droguer?
- Grâce à Dieu.
- Bon.
Tu te souviens
de ce que tu as fait hier?
Je suis allé chez moi,
du côté des HLM.
Quelqu'un d'autre était avec toi?
Je suis toujours avec des copains.
Il y en a qui aient
des problèmes avec la Justice?
Bein ... si j'habite un bidonville...
- Tu as payé combien pour le vélo?
- 600 Pesos.
Comment tu as su qu'il était volé?
Parce que là où je l'ai acheté presque tout ...
L'autre vélo que j'avais acheté
était aussi volé.
D'accord, je sais.
Il a une raison quelconque
pour déclarer contre toi?
À mon avis, non.
Personne ne te veut du mal.
Essaie de dire
comment ça s'est passé,
"je me suis laissé tenter",
ça nous arrive à tous.
C'est un beau vélo,
tu as envie de l'enfourcher.
Non! Puisque je vous dis que je l'ai
acheté. Sinon je vous le dirais, Madame-
- D'accord! Alors voilà sa déposition.
- Donc, c'est bon.
D'accord. Allons-y.
Qu'est-ce que c'est?
Regarde quelle belle robe!
Oh! Oh! T'en veux?
Oh! Que c'est bon!
C'est délicieux.
J'aime pas! Ç'est dégueulasse!
Voilà la vie de voleur.
On aime le fric facile
mais on finit par se faire ligoter.
Tu vois le tableau?
Allez! Courage!
Que mon frère repose en paix.
Je vais me secouer
et je vais aider ma mère.
Deux semaines dehors
et me revoilà de retour!
C'est comme ça.
Pourquoi tu es mauvais comme ça?
Je voulais le baigner.
Arrête!
Tiens, voilà, prends ton bain.
Tu ne veux pas?
Si je ne te baigne jamais.
Je veux te baigner.
Vas-y, la tête!
Viens. Viens te coiffer.
Marche un peu en parallèle
à la rue et reviens.
Voilà. Reviens ici.
Lentement. Lentement,
comme une princesse.
Repars et reviens,
comme une princesse.
Vas-y.
La tête haute!
Toujours belle, très souriante.
Non, pas avec le cou raide!
Ça fait moche.
Bon, rentre et reste assise
jusqu'à ce qu'on parte.
Mon tour, maintenant.
Non!
Non, pas comme ça!
Vas montrer à papa.
CHEZ HANDLER.
Alors je ferai demi-tour
et je partirai avec le soleil
à la fin du jour.
Tu pars parce que je le veux.
Je t'aime mon amour! Les mots ne
suffiront jamais, aussi beaux soient ils.
Nous pouvons les percevoir
dans la tendresse d'un regard,
dans la chaleur d'une caresse
ou dans la délicatesse d'une étreinte.
Il l'aime, il l'adore!
Il l'aime! Elle est amoureuse!
Il l'aime!
Il m'a dit qu'il veut sortir de tôle
pour donner un grand coup...
...et après pouvoir travailler.
Mais travailler légalement.
Turbiner 6, 8, 9, 12 heures par jour,
peu importe.
Il veut être heureux avec moi.
Il ne m'avait jamais approchée
par respect pour mon frère,
respect pour ma famille, pour moi
qui étais avec le père de mon enfant.
Et maintenant le mec est fou de moi.
Et je l'aime.
Si jamais tu crois ne plus m'aimer,
je décrocherai le soleil,
la lune et les étoiles pour toi.
Je t'offrirai des diamants, des rubis,
des pierres précieuses en poèmes.
Ton amour renaîtra.
Si cela ne suffisait pas,
mon amour, ne dis plus rien.
C'est superbe! Il t'aime, Carina!
Sinon il ne t'écrirait pas ces poèmes d'amour!
J'aime rester seul dans ma chambre
en silence. Je fume une cigarette
en pensant à tout l'amour
que j'ai pour toi.
Qu'est-ce qu'il a marqué là?
Je joue avec mes cheveux,
ma brise et ton regard.
Je t'aime énormément
car au fil du temps nous avons appris
à nous aimer de loin.
Je t'aime. Signé Montaña.
Je t'aime mon amour, je t'aime.
Il t'aime, Cari.
Je ne sais pas pourquoi elle pleure.
Il l'aime de tout son cur.
À la première place,
"La Máquina", "Serre-moi bien fort".
Il t'aime. Pourquoi pleures-tu?
Nous attendons ton appel, 400 79 48...
Il t'aime pour de bon!
La musique tropicale pour tous.
Voilà la neuvième place,
le groupe "Bataola" avec "La Silicona".
Bataola! Bataola!
La silicone.
Carina! Carina!
La silicone, fais-voir la silicone
Qu'est-ce que t'es salope!
La silicone,
la silicone est à la mode.
La silicone,
la silicone est à la mode.
J'avais promis à mon frère
que je ne referai plus le trottoir.
Je le lui avais promis parce que je sais
que c'est ça qui l'a rendu malade.
Je ne me le pardonnerai jamais.
J'adorais mon frère,
je ne pensais qu'à lui à ce moment là.
Je savais qu'il était malade,
que je pouvais le perdre à tout moment.
C'était mon frère aîné.
Je savais qu'il allait partir
et que je ne l'aurai plus.
Je savais que j'allais profiter de ce
moment avec lui. J'aimais mon frère.
Je ne sais pas...
Ça c'est le groupe "Auténtika",
celui qui casse tout
Quel beau cu-cu!
Quand on veillait mon frère,
je ne pouvais pas le croire...
Quel beau cu-cu, j'aime ton cu-cu!
Quand je danse ...
Quel beau cu-cu!
Quel beau cu-cu!
Il m'avait dit qu'il m'aimait,
que j'étais sa sur préférée.
Qu'il aimait mon autre frère
mais que j'étais sa sur adorée.
Que je change cette couleur
de pute de mes cheveux.
Je l'ai changée pour lui;
maintenant je l'ai refaite.
Pas pour me prostituer
sinon parce que j'aime bien,
et que ça me distingue du reste.
Et j'aime bien me distinguer,
j'aime être moi-même.
J'aime qu'on dise "Elle est super,
ses copines sont bien
mais elle est mieux".
Mon frère m'avait demandé
que je change ma couleur et je l'ai fait,
pour aller le voir avec
cette autre couleur que je déteste,
qui ne me va pas,
qui me fais sentir moche.
Mais j'étais contente
de le voir content.
Quand je suis allée le voir, je me suis
allongée à côté de lui malgré tout.
Je savais ce qui se passait,
mais j'aimais mon frère.
Il a commencé à voler parce que j'étais
petite et j'avais cassé mon biberon.
En 1982, 83, je sais que j'avais
cassé mon biberon en verre.
Mon frère est allé voler un marchand
de journaux pour me racheter un biberon.
Il m'aimait,
et je pense à lui tout le temps.
Voilà pourquoi je me sens coupable.
Parce que je sais qu'il volait pour moi.
J'aime mes deux frères et mon fils.
Je veux me faire tatouer
en honneur de mon frère.
Pour moi c'était une star;
le meilleur parmi les voleurs.
Je sais que ce qui lui a fait
le plus de mal c'est de savoir
que j'étais dans les rues à sucer des bittes...
...pour nourrir ma famille, que j'assumais.
Parce qu'il savait qu'il allait partir,
qu'il ne serait plus là;
il le savait parfaitement qu'il partirait
et que ce serait à moi de faire face.
La totalité des personnes, des scènes,
images et sons,
ont été enregistrées
à partir de la réalité existante,
sans aucun supplément de lumière
et sans caméra cachée.
Quelques scènes ont été tournées
par certains des personnages
avec des caméras de moindre qualité.
Mario Handler a été la seule personne
présente pendant la totalité du tournage
de ce documentaire, depuis Mars 2000
jusqu'a Décembre 2001.
Dirigé, écrit, produit, monté
et photographié par Mario Handler.
Daniel Márquez collabora
et conseilla au montage,
et réalisa la post-production
du son et de l'image.
Ont vécu face à la caméra:
Carina Panizza
Milka Schulze
Oscar W. Panizza (Neno)
Cristian Caramelli
Mary Cruz y Oscar Panizza
Pablo Caminos
Ángela Lamas
Y muchos más
Remerciements à:
INTERJ,
Instituto Técnico de
Rehabilitación Juvenil:
Sergio Migliorata
Paula Cores
Jorge Spaulonzi
Suprema Corte de Justicia.
Dirección General de Cooperación
de la Universidad de la República:
Domingo Carlevaro, Ana Castro.
Ciencias de la Comunicación de la
Universidad de la República:
Ricardo Viscardi, Carlos Idoyaga
Defensa de los Niños Internacional,
Sección Uruguay (Programa
Herramientas), Jorge Cohen, Diego Silva
Instituto Nacional del Audiovisual, Uruguay.
Mary Ríos.
Bafo y sus Mulatas.
Vifs remerciements à Graciela Berro.
et à bien de jeunes qui subissent
une difficile situation sociale,
dont beaucoup sont enfermés
en raison de transgressions diverses
Ce film a été tourné
à Montevideo, Uruguay.
Sous-titres par Tato Ariosa.
© Mario Handler 2002
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